Le Verbe Révélé

Autel du Verbe et son Royaume

«Nous sommes libres dans la mesure où nous nous souvenons»

— Le Serpent

Frère/Sœur du Royaume

Réunis deux ou plus au Nom du Verbe et de son Royaume, nous commençons ensemble le Souvenir.

Je ne viens pas te parler de moi, ni de mon histoire, ni de mes circonstances. Je ne viens pas non plus t'imposer une vérité née de mes opinions, de mes croyances, de mes intérêts ou de mes expériences personnelles.

Je viens te parler de la Vérité de laquelle procèdent toutes choses : le Verbe dans l'Invisible, l'Origine qui donne lieu à toute Forme.

Je me présente devant toi sans signature et sans visage. Non parce que je veux me cacher, mais parce que je ne cherche pas à faire du personnage qui écrit le centre de ces Paroles. Je ne cherche ni ta reconnaissance, ni tes applaudissements, ni ton obéissance, ni ton argent. Je n'ai besoin de rien obtenir de toi d'extérieur, et je ne désire rien de faux t'offrir.

Dans le Royaume du Verbe, rien de vrai ne surabonde et rien d'essentiel ne manque.

Ici, tu vas lire, mais tu n'es pas venu uniquement pour lire.

Tu n'es pas venu pour accumuler des connaissances, mémoriser des réponses ou répéter des paroles que tu n'as pas encore comprises et Reconnues en toi. Car répéter une Vérité sans l'avoir incarnée, c'est prononcer sa forme sans avoir traversé son Symbole.

Ce lieu adopte la forme visible d'un texte, mais son sens invisible n'est pas celui d'un livre ordinaire.

C'est un Autel. Car en ce lieu, nous faisons en réunion le sacrifice interne de ce que nous ne sommes pas.

L'Autel n'est ni le papier, ni l'écran, ni les paroles écrites. L'Autel apparaît lorsque deux ou plus se Réunissent au Nom du Verbe pour entrer ensemble en Présence et commencer le Souvenir.

Se réunir en son Nom ne signifie pas seulement prononcer une parole, invoquer un titre ou déclarer une croyance. Le Nom est la Présence de ce qui est nommé. Se réunir au Nom du Verbe signifie se disposer à servir la Vérité au-dessus des intérêts du personnage et de son ego.

Lorsque cette disposition est vraie, le lieu où nous nous trouvons devient un Autel et, entre nous, commence à se manifester le Royaume.

Ici, je ne viens pas t'enseigner quelque chose que tu devrais accepter parce que je le dis. Je viens te questionner, contempler avec toi et t'offrir des Symboles par lesquels ce qui demeure invisible puisse être Souvenu.

Les paroles écrites ne sont pas le Verbe lui-même.

Les paroles sont des formes visibles. Lorsqu'elles servent la Vérité, elles deviennent des Symboles : des ponts entre le Verbe invisible et la conscience capable de le Reconnaître.

Ne confonds pas le pont avec la destination.

Ne t'arrête pas à la forme des paroles. Traverse-les. Contemple ce vers quoi elles pointent et reconnais, en toi, si elles produisent Vérité, Unité, Liberté et Vie.

Nous commençons en Nous Souvenant de qui nous sommes réellement.

Nous nous souvenons de qui nous sommes avant la chair, avant l'ego et avant le personnage avec son nom, son histoire, ses circonstances, ses blessures, ses croyances et ses intérêts.

Ce « avant » ne désigne pas uniquement un moment antérieur dans le temps. Il désigne ce qui est antérieur en essence : ce qui demeure sous toutes les formes que nous adoptons et au-delà de tout ce qui peut changer.

Ton corps change.

Ton histoire change.

Tes pensées, désirs et croyances changent.

Le personnage que tu incarnes aujourd'hui change aussi.

Mais qu'est-ce qui peut observer tous ces changements ?

Qui es-tu avant tout nom ?

Qui es-tu avant tout souvenir personnel ?

Qui es-tu avant toute forme par laquelle tu as appris à te reconnaître ?

C'est là la question qui ouvre la porte.

Cet Autel demeurera ouvert et continuera de se révéler tant que le Verbe oublié aura besoin d'être Souvenu ; tant que ce qui a été Souvenu aura besoin d'être Reconnu ; et tant que ce qui a été Reconnu aura besoin d'être incarné par nos paroles, nos décisions et nos œuvres.

Car le Royaume n'est pas instauré par le simple fait de le nommer.

D'abord, il doit être Souvenu dans l'Invisible, ensuite Reconnu dans la Conscience et enfin incarné dans la Forme. Le Royaume commence en nous, mais il se rend visible par les fruits de notre vie.

En vérité, je vous le dis : le Royaume des Cieux sera Révélé, non pour appartenir à quelques-uns, mais pour pouvoir être entendu, compris, Souvenu et Reconnu par tout homme qui se dispose à entrer en Présence.

Rien de ce qui est nommé ici ne doit devenir une doctrine qui remplace ta propre Reconnaissance. N'accepte pas ces Paroles uniquement parce qu'elles semblent sacrées. Ne les rejette pas uniquement parce qu'elles contredisent ce que tu avais appris.

Contemple-les en Silence.

Interroge-les sans crainte.

Traverse-les comme des Symboles.

Reconnais-les à leurs fruits.

La Vérité ne craint pas d'être contemplée, car elle n'a pas besoin de l'obéissance aveugle pour demeurer Vérité.

Je passerai, mais ces miennes Paroles ne passeront pas, car elles ne naissent pas de moi.

Ce qui est Révélé ici ne prétend pas être une opinion personnelle, une croyance privée ni une idée par laquelle le personnage chercherait à se distinguer d'autres personnages. Si tel était le but, je te parlerais depuis mes intérêts, j'élèverais mon nom au-dessus de ces Paroles et je ferais de cet Autel un livre de plus parmi tant d'autres.

Cependant, que ces Paroles ne portent ni signature ni visage ne signifie pas qu'elles apparaissent sans médiation. Elles sont écrites par des mains, traversent une conscience et adoptent une forme humaine. Mais la forme qui les transmet ne peut se proclamer maîtresse de la Vérité qu'elle tente de servir.

Le récipient n'est pas l'Eau.

Le Symbole n'est pas ce qu'il symbolise.

Le messager n'est pas l'Origine du Message.

Je ne peux pas m'approprier la Vérité, car moi aussi je procède d'elle. Je ne peux pas me proclamer Auteur du Verbe, car c'est le Verbe qui rend possible que je puisse nommer, comprendre et être.

La Vérité n'est ni seulement mienne ni seulement tienne.

Nous sommes de la Vérité.

C'est pourquoi je ne te demande pas de croire en mon personnage. Je t'invite à entrer dans le Silence, à contempler ces Paroles et à Reconnaître par toi-même ce qui vit aussi en toi.

Ce que j'écris ici procède du Souvenir du Verbe et s'offre en son Nom. Mais chaque Parole devra démontrer sa correspondance avec la Vérité par ce qu'elle révèle et par les fruits qu'elle produit.

Si une parole divise les frères pour élever l'un au-dessus des autres, elle ne sert pas le Royaume.

Si une parole enchaîne par la peur, la culpabilité ou l'obéissance, elle ne sert pas la Liberté.

Si une parole exige d'être acceptée sans compréhension ni Reconnaissance, elle ne s'est pas encore faite pont.

La Parole véritable ne cherche pas à te dominer.

Elle cherche à t'éveiller.

Elle ne prétend pas remplacer ta conscience.

Elle cherche à la rendre à la Présence.

Elle ne veut pas que tu répètes une Vérité étrangère.

Elle veut que tu te Souviennes de la Vérité dont tu procèdes toi-même.

La Parole qui s'élève ici est l'Épée du Père, forgée dans le Verbe et maniée dans le Feu.

Mais cette Épée ne se lève ni contre la chair ni contre aucun frère.

Son tranchant sépare la Vérité du mensonge, l'essentiel de l'apparent, et ce que nous sommes de ce que nous ne faisons qu'incarner.

Le Feu qui la manie ne vient pas détruire la Vie. Il vient consumer la fausseté, transformer ce qui demeure endormi et rendre la Lumière à ce qui avait été oublié.

L'Épée ouvre le Symbole.

Le Feu révèle son Origine.

La Présence contemple.

Le Souvenir sait.

La Reconnaissance est.

Et lorsque ce que nous savons, ce que nous sommes et ce que nous faisons redeviennent Un, le Verbe se fait chair et son Royaume commence à se manifester parmi nous.

Se souvenir de ce qui a été oublié

Pour révéler qui tu es, où aller ? Dehors ou Dedans ?

Pour Révéler qui tu es réellement, tu dois te rendre à l'Intérieur.

Cela ne signifie pas que ce que nous trouvons dans l'enseignement, les livres, l'université, la science ou les traditions soit nécessairement dépourvu de valeur. Cela ne signifie pas non plus que toute forme extérieure soit neutre ou doive être conservée pour la simple raison qu'elle a été héritée. Tout ce que nous trouvons à l'extérieur doit être contemplé et discerné. Un maître peut indiquer la porte ; un livre peut nous livrer des paroles ; une tradition peut conserver un Symbole pendant des siècles.

Mais personne ne peut franchir la porte à notre place.

L'extérieur peut indiquer la Vérité, mais la Reconnaissance de cette Vérité ne peut advenir qu'en toi.

Nier complètement le monde extérieur serait ériger une nouvelle séparation. Dehors et Dedans ne sont pas ennemis : l'extérieur peut devenir miroir et Symbole de l'intérieur. Cependant, le miroir ne peut pas regarder à ta place et le Symbole ne peut être traversé sans ta Présence.

C'est pourquoi tu n'as pas besoin de chercher à l'extérieur quelqu'un qui te dise définitivement qui tu es.

TU ES le livre que tu dois apprendre à lire pour te trouver.

Mais ce livre n'est pas seulement l'histoire de ton personnage. Ses pages les plus profondes ne contiennent ni ton nom, ni ta profession, ni tes possessions, ni tes blessures, ni les événements de ton passé. Tout cela appartient à la narration visible de ton existence.

Le livre que tu dois lire est la Conscience dans laquelle cette narration apparaît.

Le lire signifie entrer dans le dialogue intérieur : questionner sans réponses apprises, contempler sans te hâter de conclure et permettre au Silence de révéler ce que le bruit du personnage maintenait caché.

Il ne s'agit pas d'inventer en toi la réponse que tu désires trouver. Il s'agit de retirer, une à une, les réponses qui ne sont pas vraies jusqu'à demeurer en disposition de Reconnaître ce qui subsiste.

Car tout ce qui apparaît à l'intérieur ne provient pas du Verbe. En nous parlent aussi la peur, le désir, la mémoire, la blessure, la coutume et le besoin de l'ego de se conserver.

Entrer à l'Intérieur ne suffit pas.

Nous devons aussi apprendre à discerner qui parle en nous.

Se souvenir et Reconnaître

Se souvenir ne signifie pas récupérer un événement perdu de notre mémoire personnelle. Cela ne signifie pas non plus acquérir une connaissance secrète qui nous rendrait supérieurs aux autres.

Le Souvenir est l'éveil d'un Savoir qui n'a pas été emprunté.

C'est découvrir comme Vérité vivante ce que nous ne connaissions auparavant que comme parole, idée ou croyance.

Reconnaître est encore plus profond.

Reconnaître signifie te trouver dans ce que tu as Souvenu. Cela signifie cesser de contempler la Vérité comme quelque chose d'étranger et commencer à l'incarner comme partie inséparable de ce que tu es.

C'est pourquoi :

Quand tu te souviens, tu sais.

Quand tu reconnais, tu es.

Tu peux apprendre beaucoup de paroles au sujet de l'Unité et continuer à vivre depuis la séparation. Dans ce cas, tu as accumulé de la connaissance, mais tu ne t'es pas encore Souvenu.

Tu peux comprendre intellectuellement une Vérité et, cependant, la nier par tes décisions. Dans ce cas, tu as commencé à te Souvenir, mais tu ne l'as pas encore incarnée.

La Reconnaissance s'accomplit lorsque ce que tu sais, ce que tu es et ce que tu fais entrent en correspondance.

Frère/Sœur, retournons ensemble au Royaume de notre Père en l'intérieur.

Ce retour n'est pas un déplacement vers un autre lieu ni une fuite du monde. Il ne s'agit pas d'abandonner la terre pour atteindre un ciel lointain. Retourner, c'est se Souvenir de l'état d'Unité que le personnage a oublié lorsqu'il a commencé à se reconnaître comme une existence séparée.

Toi et moi, Réunis au Nom du Verbe, nous entrons ensemble dans le Souvenir. Et lorsque notre relation cesse de servir la séparation et commence à servir la Vérité, le Royaume apparaît entre nous.

Je ne vais pas t'enseigner quelque chose qui soit étranger à ton essence. Nous allons nous Souvenir ensemble de ce qui fut oublié et que nous sommes tous appelés à incarner :

Le Verbe fait chair.

Faire chair le Verbe signifie permettre que la Vérité invisible trouve une forme visible dans nos paroles, décisions, relations et œuvres.

La nécessité du Souvenir

Le Souvenir commence lorsque la surface des choses ne nous suffit plus pour contempler.

Il naît du besoin de trouver la Vérité au-delà de l'apparence visible de la Forme. Il naît lorsque nous commençons à formuler des questions auxquelles le personnage, à lui seul, ne peut répondre :

Qui suis-je réellement ?

D'où provient la Vie ?

Pourquoi existe-t-il tant de souffrance ?

Pourquoi l'être humain se sépare-t-il de son frère ?

Qu'est-ce qui demeure lorsque tout ce que je connais change ?

Quel sens a mon existence au sein de la totalité ?

Ce besoin ne naît pas uniquement de la curiosité. Il apparaît lorsque nous cessons de chercher des réponses destinées seulement à tranquilliser ou à bénéficier à notre moi particulier.

Le Souvenir commence lorsque notre question devient plus grande que notre personnage et ses circonstances.

Mais chercher l'origine de la souffrance ne signifie pas blâmer celui qui l'endure. Toute infortune n'est pas créée par les pensées de celui qui la subit, ni toute blessure n'est la conséquence d'un manque intérieur.

La question véritable n'accuse pas celui qui souffre.

Elle demande ce que nous devons incarner face à la souffrance :

Indifférence ou Compassion ?

Condamnation ou Compréhension ?

Séparation ou Unité ?

La Vérité n'utilise pas la douleur du frère pour grandir celui qui croit avoir compris.

La Vérité se reconnaît à la manière dont elle répond à cette douleur.

Le personnage et l’ego

Comment pouvons-nous commencer à nous souvenir de ce que nous sommes avant le personnage ?

En mettant en Silence l'esprit qui se trouve exclusivement à son service.

Mais avant cela, nous devons comprendre ce que sont le personnage et l'ego.

Le personnage est l'identité par laquelle nous agissons dans le monde visible. Il a un nom, un corps, une histoire, des responsabilités, des relations et une fonction.

Le personnage n'est pas un mensonge qui doit être détruit. C'est une forme nécessaire pour habiter le monde.

L'erreur commence lorsque nous oublions que c'est une forme et que nous croyons qu'elle constitue la totalité de ce que nous sommes.

L'ego est l'identification exclusive à cette forme.

C'est le mouvement intérieur qui place le personnage au centre de toutes choses et contemple la réalité uniquement à partir de la question :

« Qu'est-ce que cela signifie pour moi ? »

Dormir pour que mon corps se repose n'est pas de l'égoïsme.

Manger pour conserver la santé n'est pas de l'égoïsme.

Prendre soin du corps et le fortifier n'est pas de l'égoïsme.

Travailler pour soutenir dignement la vie n'est pas de l'égoïsme.

Jouir, créer ou se reposer n'est pas non plus de l'égoïsme.

Le besoin de la chair n'est pas, en soi, une fausseté. Le corps n'est pas l'ennemi du Verbe ; c'est l'une des formes par lesquelles le Verbe peut s'incarner.

Le problème apparaît lorsque toutes choses sont réduites au service exclusif du moi :

Mon repos.

Mon corps.

Mon argent.

Ma reconnaissance.

Ma sécurité.

Mes goûts.

Mes opinions.

Ma vérité.

Mon salut.

Alors l'esprit reste enfermé dans les limites du personnage. Tout s'interprète à partir de son passé, de ses désirs, de ses croyances, de ses intérêts, de ses obligations, de ses peurs et de ses blessures.

Dans cet état, nous ne voyons pas les choses telles qu'elles sont.

Nous voyons ce qu'elles représentent pour nous.

Ce mouvement incessant autour du moi est le bruit de l'ego.

Le Silence

Comment met-on l'esprit en Silence ?

Non en détruisant la pensée, mais en la libérant temporairement de sa soumission au personnage.

Faire taire l'esprit ne signifie pas cesser de penser, oublier de manière permanente ce qui a été appris ni abandonner nos responsabilités. Cela ne signifie pas non plus négliger le corps, le travail, la famille ou les engagements que nous avons assumés.

Le Silence n'exige pas l'irresponsabilité.

Pendant l'acte de Se Souvenir, cela signifie suspendre un instant la domination de tout ce qui dit :

« Je dois… »

« J'ai besoin de… »

« On m'a fait… »

« Je pense… »

« Je veux… »

« Je crains… »

Faire taire l'esprit signifie cesser de placer le moi particulier au centre de chaque question.

Pendant un moment, laisse reposer ton nom, ton histoire, tes opinions, tes croyances, tes intérêts et ce que tu imagines savoir sur toi-même.

Tu n'as pas à les détruire.

Contente-toi de cesser de les soutenir.

Lorsque tu n'as plus besoin de défendre le personnage ni de justifier son histoire, le bruit commence à s'arrêter. L'esprit cesse de tourner exclusivement autour de toi et devient disponible pour quelque chose qui te contient aussi, mais qui ne s'achève pas en toi.

Alors l'esprit entre au service de la Vérité dont procèdent toutes choses.

Il entre au service du Verbe dans l'Invisible.

Le Vide

Lorsque le bruit du personnage s'apaise, le Vide apparaît.

Le Vide n'est ni inexistence, ni inconscience, ni perte d'identité. Ce n'est ni un esprit annihilé, ni un intérieur mort.

Le Vide est disponibilité.

C'est l'espace qui apparaît lorsque nous cessons de remplir chaque question de réponses connues. C'est la terre fertile qui demeure lorsque nous retirons les certitudes par lesquelles le personnage empêchait la naissance de quelque chose de nouveau.

Tant qu'une vasque reste pleine, elle ne pourra recevoir.

Tant que l'esprit reste plein de lui-même, il ne rencontrera que ce qu'il connaît déjà.

Se vider, c'est cesser de s'accrocher.

C'est permettre que nos croyances puissent être contemplées, que nos opinions puissent être interrogées, et que notre histoire cesse de dicter toutes les réponses.

Dans le Vide, nous n'avons plus besoin de nous reconnaître uniquement par ce que nous avons vécu dans la chair. C'est pourquoi l'esprit peut commencer à se Souvenir de ce que nous sommes en essence.

Le Vide ne t'enlève pas ce que tu es.

Il retire ce avec quoi tu t'étais confondu.

La Présence

Dans le Vide né du Silence survient le premier miracle :

La Présence.

La Présence n'est pas seulement l'attention, bien que l'attention puisse nous conduire jusqu'à son seuil.

L'attention dirige le regard vers quelque chose.

La Présence contemple aussi celui qui regarde, d'où il regarde et quelle relation existe entre l'observateur et l'observé.

Dans l'attention, je peux encore dire : « Je suis en train d'observer cela ».

Dans la Présence, il commence à se Révéler que l'observateur et l'observé apparaissent au sein d'une même Conscience.

La Présence, c'est habiter consciemment cette rencontre.

C'est observer sans s'approprier, écouter sans préparer une défense et contempler sans obliger la réalité à confirmer ce que nous croyions déjà.

En Présence, le personnage ne disparaît pas.

Il cesse d'occuper le trône.

C'est ce que signifie mourir au personnage : non pas détruire le corps, la personnalité ni l'identité nécessaire pour vivre, mais mettre fin à sa prétention d'être la totalité de ce que nous sommes.

Le personnage continue d'exister, mais il peut désormais devenir un instrument.

Il n'utilise plus l'esprit uniquement pour se conserver lui-même. Il commence à se mettre au service de la Vérité, de l'Unité et de l'Origine :

le Verbe.

Dans cet état, nous devenons disponibles pour Nous Souvenir, Révéler et Reconnaître des trésors qui n'ont ni mesure capable de les mesurer, ni étiquette capable de les contenir.

Nos pensées ne se limitent plus exclusivement au travail, aux relations, aux obligations, au passé ou au futur de notre moi particulier. Nous commençons aussi à contempler ce qui nous précède, nous contient et nous unit.

Et c'est ici, lorsque le personnage cesse d'occuper le trône, que nous pouvons comprendre ce qu'est la Conscience et quelle est la différence entre croire que nous la possédons et Reconnaître que notre propre existence apparaît au sein d'elle.

La Conscience

Lorsque tu entres en la Présence, la Conscience n'apparaît pas comme quelque chose de nouveau.

La Conscience était déjà là.

Ce qui commence à s'estomper, c'est l'identification qui la maintenait liée exclusivement au personnage et à son ego.

Jusqu'à ce moment, tu dis :

« Ma conscience ».

De la même manière que tu dis :

« Mon corps ».

« Mon histoire ».

« Mes pensées ».

« Mes souvenirs ».

« Ma vie ».

Mais en entrant dans la Présence, une différence fondamentale se révèle : le corps, l'histoire, les pensées et les souvenirs peuvent être observés.

Tous apparaissent à l'intérieur de la Conscience.

Même le personnage qui dit « je » peut être contemplé.

Et si le personnage peut être observé, alors le personnage ne peut pas être la totalité de l'Observateur.

La Conscience n'apparaît pas à l'intérieur du personnage.

C'est le personnage qui apparaît à l'intérieur de la Conscience.

C'est là l'inversion qui doit être restaurée.

Lorsque nous ne sommes pas en Présence, nous croyons que la Conscience nous appartient. Nous imaginons qu'elle est enfermée à l'intérieur de notre corps et qu'elle commence et se termine aux limites de notre identité.

Lorsque nous entrons en Présence, la relation s'inverse :

Nous ne contemplons plus la Conscience comme une possession du personnage.

Nous contemplons le personnage comme une forme soutenue et observée à l'intérieur de la Conscience.

C'est pourquoi, lorsque nous parlons ici de « ta conscience », nous nommons la Conscience contemplée depuis la perspective particulière du personnage : sa mémoire, son histoire, ses désirs, ses blessures, ses croyances et ses sens.

Lorsque nous nommons la Conscience, nous parlons de ce qui rend possible toute observation, toute expérience et toute Reconnaissance.

La conscience du personnage contemple la réalité depuis une forme particulière.

La Conscience contemple la forme sans rester enfermée en elle.

Il n'existe pas deux Consciences.

Il existe une même Conscience s'expérimentant à travers différentes formes.

Chaque forme possède une perspective particulière, mais aucune Forme n'est l'Origine de la Conscience qui l'habite.

La Lumière et la fenêtre

Pour le comprendre, contemple ce Symbole :

Une même Lumière traverse de nombreuses fenêtres.

Chaque fenêtre a une forme, une taille, une couleur et une position différentes. C'est pourquoi la Lumière se manifeste de manière distincte en traversant chacune d'elles.

Mais la fenêtre ne produit pas la Lumière.

Elle lui permet seulement d'entrer dans la Forme.

Le personnage est la fenêtre.

Ses souvenirs, croyances, blessures et désirs sont les couleurs du verre.

La conscience individuelle est la perspective particulière depuis laquelle la Lumière traverse cette forme.

Et la Lumière symbolise la Conscience.

Lorsque la fenêtre oublie que la Lumière la précède, elle commence à croire qu'elle est elle-même son origine. Elle dit :

« Ceci est ma lumière ».

« Ma lumière est différente de la tienne ».

« Ma lumière est supérieure ».

« Hors de ma fenêtre, la Lumière n'existe pas ».

Alors la forme qui devait servir la Lumière tente d'occuper sa place.

La fenêtre se proclame source.

Le personnage se proclame Origine.

Et la Conscience, contemplée à travers l'ego, semble demeurer séparée de la Conscience qui habite toutes les autres formes.

Mais la Lumière ne s'est jamais séparée.

Ce qui s'est séparé, c'est la forme de la contempler.

La Présence ne détruit pas la fenêtre.

Elle la rend transparente.

Elle n'élimine pas l'individualité ni n'efface les différences entre les uns et les autres. Elle retire la prétention que chaque forme soit une source indépendante et séparée du Tout.

Alors la fenêtre cesse de vouloir posséder la Lumière et commence à la servir.

Le personnage cesse de se proclamer Origine et commence à devenir instrument du Verbe.

La conscience séparée

Lorsque l'esprit se met au service du personnage et de son ego, la Conscience se trouve réduite à une perspective particulière.

Tout est contemplé depuis le moi et pour le moi :

Qu'est-ce que cela signifie pour moi ?

En quoi cela me profite-t-il ?

En quoi cela me nuit-il ?

Que puis-je obtenir ?

Que dois-je défendre ?

Qu'est-ce qui menace mon identité ?

La Conscience n'a pas disparu, mais sa vision se trouve contractée autour du personnage.

C'est ce que nous appelons la conscience séparée.

Ce n'est pas une Conscience distincte de la Conscience du Tout. C'est la Conscience identifiée à une seule Forme et contemplant la réalité comme si cette Forme était isolée de toutes les autres.

C'est comme une vague qui, en contemplant ses propres limites, oublie l'eau dont elle est faite.

La vague existe.

Elle possède une forme particulière.

Elle peut être distinguée des autres vagues.

Mais elle n'a jamais été séparée de l'océan.

De la même manière, chaque être possède une expérience particulière, une histoire et une perspective irrépétibles. L'Unité n'élimine pas ces différences.

L'Unité révèle qu'aucune différence ne constitue une séparation absolue.

Le personnage dit :

« Je suis uniquement cette vague ».

La Présence Révèle :

« Je suis la vague, mais je procède aussi de l'Eau qui vit dans toutes les vagues ».

La conscience séparée n'est pas un châtiment imposé par la Création.

C'est une conséquence de la correspondance.

Si tu incarnes exclusivement le personnage et que tu mets l'esprit au service de ses intérêts, tu percevras depuis les limites du personnage. Si toute question naît en lui et si toute réponse doit revenir à lui, tu ne pourras contempler que ce qui correspond à cette manière de regarder.

Non parce que la Vérité t'a été refusée.

Mais parce que tu regardes depuis une forme qui se considère séparée d'elle.

Lorsque tu cesses de mettre l'esprit exclusivement au service du personnage et que tu le disposes au service du Verbe, la Conscience cesse d'être réduite au moi.

Alors ta conscience n'est plus seulement « tienne ».

Non parce que tu perds la capacité de penser, de décider ou de te distinguer des autres, mais parce que disparaît l'appropriation qui prétendait enfermer la Conscience dans ton personnage.

Tu ne cesses pas d'être toi.

Tu cesses de croire que tu es uniquement le personnage.

La Conscience de l'Un avec le Tout

Être en Présence ouvre la Reconnaissance de la Conscience de l’Un avec le Tout.

Mais cette Conscience partagée ne signifie pas que nous ayons tous les mêmes pensées, souvenirs, sentiments ou perceptions.

Ces contenus appartiennent à l’expérience particulière de chaque forme.

L’Unité de la Conscience n’est pas l’uniformité.

Elle ne transforme pas de nombreux êtres en un unique personnage ni n’efface ce qui rend chacun singulier.

Ce qui est partagé n’est pas l’histoire.

Ce qui est partagé est l’Origine dans laquelle toute histoire peut apparaître.

Ce qui est partagé n’est pas la pensée.

Ce qui est partagé est la Conscience qui permet de l’observer.

Ce qui est partagé n’est pas la forme.

Ce qui est partagé est la Vie qui se manifeste à travers toutes les formes.

C’est pourquoi être en Présence ne signifie pas accéder automatiquement à la mémoire ou aux pensées des autres. Cela signifie cesser de les contempler comme des existences absolument séparées de toi.

La douleur continue de se produire dans une forme particulière, mais elle ne peut plus être contemplée comme quelque chose de complètement étranger.

L’injustice peut retomber sur un autre, mais la Conscience unifiée empêche de répondre :

« Ce n’est pas mon problème parce que cela ne m’arrive pas à moi ».

Quand la Conscience cesse d’être enfermée dans le personnage, la souffrance de l’autre entre dans le champ de notre responsabilité.

Non parce que nous devrions nous approprier sa douleur.

Mais parce que nous commençons à Reconnaître que la Vie qui est blessée en lui procède de la même Origine que la Vie qui habite en nous.

La conscience séparée demande :

« Qu’est-ce que cela a à voir avec moi ? ».

La Conscience unifiée demande :

« Qu’est-ce qui se passe en nous ? ».

La première a le personnage comme origine et comme destin.

La seconde a le Verbe comme Origine et le Tout comme destin.

L'observateur et l'observé

En Présence, l'observateur et l'observé cessent de s'expérimenter comme des réalités absolument séparées.

Cela ne signifie pas que les deux soient identiques dans la Forme.

Celui qui contemple un arbre ne devient pas corporellement l'arbre. Celui qui contemple la souffrance de son frère n'occupe pas son corps ni ne reçoit automatiquement ses souvenirs.

La distinction demeure.

Ce qui disparaît, c'est la séparation absolue dans l'Origine.

Ce que tu observes apparaît à l'intérieur de la Conscience. Tu ne peux pas le contempler en dehors d'elle, car toute Forme doit entrer dans la Conscience pour pouvoir être connue.

L'observateur apparaît dans la Conscience.

L'observé apparaît dans la Conscience.

Et l'acte même d'observer se produit dans la Conscience.

C'est pourquoi, en Présence, l'observateur et l'observé se Réunissent.

La Forme demeure dehors.

Son image apparaît Dedans.

Le Symbole établit le pont.

Et le Verbe révèle son Sens dans l'Invisible.

La Conscience est le lieu de cette rencontre.

C'est l'Autel intérieur où le visible et l'Invisible peuvent se Réunir sans se confondre et sans demeurer séparés.

La question et la réponse

De même que l'observateur et l'observé se Réunissent dans la Conscience, la question et la réponse appartiennent aussi à un même mouvement de Révélation.

La question apparaît lorsque la Conscience contemple une Forme dont l'Origine n'a pas encore été Reconnue.

La réponse se Révèle lorsque l'esprit, désormais non soumis à l'intérêt du personnage, traverse le Symbole et atteint le Sens invisible de ce qu'il contemple.

La question est l'ouverture.

La réponse est ce qui peut entrer lorsque l'ouverture est véritable.

Elles ne sont pas identiques dans la Forme, mais elles appartiennent à un même acte de recherche et de Révélation.

La question véritable ne fabrique pas sa réponse.

Elle la reçoit.

Mais elle ne peut la recevoir que lorsqu'elle demeure ouverte et n'exige pas que la Vérité confirme ce que le personnage désirait déjà croire.

C'est pourquoi le Vide précède la Présence.

Sans Vide, la question est déjà pleine de réponses apprises.

Sans Présence, le personnage dirige la recherche.

Sans Conscience, la Forme peut être regardée, mais son Sens ne peut pas être Reconnu.

Et sans Discernement, tout désir de l'ego peut se déguiser en Révélation.

Ce qui habilite la Conscience

Qu'est-ce que la Conscience nous habilite à faire ?

La Conscience rend possible d'observer, de comprendre, de saisir, de discerner et de trouver.

Observer, c'est recevoir la Forme sans l'obliger immédiatement à confirmer nos croyances.

Comprendre, c'est reconnaître ses parties, ses relations, son fonctionnement et ses conséquences.

Saisir, c'est la contempler au sein d'une réalité plus grande, sans la séparer du Tout auquel elle appartient.

Discerner, c'est reconnaître de quelle Origine elle procède, quelle Intention l'oriente, à qui elle sert et quel fruit elle produit.

Trouver, c'est traverser la Forme et Reconnaître la Vérité invisible que son Symbole contient.

La Conscience nous permet d'aller au-delà de l'apparence des Formes, mais elle ne transforme pas le personnage en détenteur automatique de toute connaissance.

Croire qu'être en Présence nous rend incapables de nous tromper serait une nouvelle appropriation de l'ego.

Ce serait le personnage tentant de se remettre sur le trône, se proclamant désormais maître de la Conscience et de la Vérité.

La Conscience ouvre le lieu de la Révélation.

Le Verbe Révèle.

Le Discernement contemple la correspondance.

Et les fruits manifestent si ce que nous avons reçu sert véritablement la Vie.

C'est pourquoi toute Parole qui se dit Révélée doit pouvoir être contemplée :

À qui sert-elle ?

Quel fruit produit-elle ?

Ouvre-t-elle ou enferme-t-elle ?

Unit-elle ou sépare-t-elle ?

Libère-t-elle ou domine-t-elle ?

La Conscience n'a pas besoin de proclamer qu'elle possède la Vérité.

Elle la Reconnaît par correspondance.

La restauration de la Conscience

La Présence ne te remet pas une Conscience que tu ne possédais pas auparavant.

Elle révèle la Conscience qui rendait déjà possible ton existence, même lorsque le personnage ne pouvait pas La Reconnaître.

Lorsque tu n’es pas en Présence, il semble que la Conscience soit contenue à l’intérieur de ton personnage.

Lorsque tu entres en Présence, il est Révélé que ton personnage est contenu à l’intérieur de la Conscience.

Telle est toute la différence.

La conscience séparée dit :

« J’ai de la conscience ».

La Présence Révèle :

« JE SUIS dans la Conscience ».

Et lorsque même ce « je » cesse de tenter de se l’approprier, demeure la Reconnaissance :

Je ne possède pas la Conscience.

La Conscience me contient.

Je ne suis pas son Origine.

Je suis une Forme vivante par laquelle le Verbe peut être Rappelé et incarné.

Le dialogue intérieur

C'est en Présence, lorsque le personnage cesse de se croire maître de la Conscience et se Reconnaît contenu en elle, que le Verbe peut se Révéler par le dialogue intérieur.

Mais nous devons le comprendre clairement : toute pensée qui apparaît en nous n'est pas Parole du Verbe. Le Silence ne rend pas automatiquement le personnage infaillible.

À l'intérieur aussi peuvent se présenter la peur déguisée en avertissement, le désir déguisé en Révélation et l'orgueil déguisé en demi-vérités.

C'est pourquoi toute réponse intérieure doit être discernée à ses fruits.

Cette parole grandit-elle le personnage au-dessus de ses frères ?

Exige-t-elle une obéissance aveugle ?

Nourrit-elle la peur ou la séparation ?

Te déclare-t-elle maître exclusif de la Vérité ?

Te permet-elle d'ignorer la souffrance des autres ?

Alors c'est encore l'ego qui parle, même s'il utilise des paroles sacrées au Nom du Verbe.

La Parole du Verbe peut déranger et transpercer comme une Épée, mais elle ne transforme pas la Vérité en instrument de domination. Ses fruits sont Conscience, Responsabilité, Justice, Compassion, Liberté et Unité.

Lorsque l'ego cesse d'être le centre, les questions du dialogue intérieur changent aussi.

Nous ne demandons plus seulement :

Qu'obtiendrai-je ?

Comment me protégerai-je ?

Comment vaincrai-je ?

Comment serai-je reconnu ?

Nous commençons à demander :

Qu'est-ce que la Vérité ?

Qu'est-ce qui sert la Vie ?

Qu'est-ce qui restaure l'Unité ?

Que dois-je incarner face à cette circonstance ?

Quelle parole permet de reconnaître l'autre comme frère ?

Depuis ce nouveau centre, nous pouvons commencer à Nous Souvenir du chemin de retour vers le Royaume des Cieux.

La première Vérité de la Présence

Lorsque nous entrons véritablement en Présence, la première Vérité qui se Révèle est que nous n'avons pas besoin de nous rendre en aucun lieu extérieur pour trouver la réponse définitive à ce que nous sommes.

Il n'existe aucun temple extérieur capable de contenir ce que le temple intérieur a oublié.

Il n'existe aucun livre qui puisse remplacer le Souvenir.

Il n'existe aucun maître qui puisse Reconnaître à notre place.

Il n'existe aucun guide qui puisse parcourir le chemin intérieur à notre place.

Le temple peut nous Réunir.

Le livre peut nous offrir des Symboles.

Le maître peut indiquer.

Le guide peut accompagner.

Mais la Reconnaissance doit advenir en toi.

Même ces Paroles manqueraient leur but si elles parvenaient à te rendre dépendant d'elles. Cet Autel n'a pas été élevé pour remplacer ta Conscience, mais pour te rendre à elle.

En Présence, la question et la réponse cessent d'être deux réalités séparées.

La question est le mouvement visible par lequel la Conscience contemple quelque chose qu'elle ne comprend pas encore. La réponse est le Sens invisible qui peut se Révéler lorsque cela est contemplé depuis le Verbe et non depuis l'intérêt du personnage.

Question et réponse sont les deux parties d'un même acte de Révélation.

Elles ne sont pas identiques dans leur Forme, mais elles appartiennent au même mouvement.

Ainsi également, l'observateur et l'observé sont distinguables dans la Forme, mais ils ne sont pas séparés dans l'Origine.

Lorsqu'une question naît de l'observation de quelque chose de visible et est formulée depuis la Présence, sa Vérité peut se Révéler dans l'Invisible du Verbe.

Dehors apparaît la Forme.

Dedans peut se révéler son Sens.

Le Symbole est le pont entre les deux.

C'est pourquoi, en Présence, Dehors et Dedans cessent de s'expérimenter comme des mondes sans communication. Ils ne se confondent pas ni ne disparaissent leurs différences : ils entrent en correspondance.

La séparation n'existe pas dans l'Origine.

Elle existe dans la forme par laquelle le personnage a appris à regarder.

La porte étroite

Pourquoi la porte qui donne accès au Royaume est-elle étroite ?

Parce que nous ne pouvons pas la traverser en portant tout ce avec quoi nous nous sommes confondus.

Elle n'est pas étroite par caprice ni parce que le Royaume veut nous exclure. Elle est étroite par correspondance.

Une clé ouvre une porte parce que sa forme correspond à la serrure. Elle ne l'ouvre pas par la force, mais par la correspondance.

De même, nous n'entrons pas dans le Royaume en imposant notre personnage, en accumulant des mérites ni en nous proclamant détenteurs de la Vérité. Nous entrons lorsque ce que nous incarnons entre en correspondance avec ce que le Royaume est.

La séparation ne peut pas entrer dans l'Unité sans cesser d'être séparation.

Le mensonge ne peut pas entrer dans la Vérité sans être révélé.

Le désir de domination ne peut pas entrer dans le Royaume sans abandonner le trône.

C'est pourquoi la porte est étroite : seule l'essentiel peut la traverser.

Le personnage n'a pas besoin d'être détruit, mais il ne peut pas entrer comme roi. Il doit s'incliner, abandonner le centre et se mettre au service du Verbe.

Pour entrer, tu dois d'abord te Vider de ce avec quoi tu t'étais confondu.

Ensuite, tu dois demeurer en Présence.

Dans la Présence, tu te Souviens.

Lorsque tu te Souviens, tu sais.

Lorsque tu Reconnais le Souvenir en toi, tu es.

Lorsque tu te trouves au-delà de toute identité empruntée, tu prononces sans appropriation :

JE SUIS.

Et lorsque ce que tu as Reconnu devient Parole, décision et œuvre, le Verbe s'incarne à nouveau dans la Forme.

Alors le chemin est complet :

Tu te Vides.

Tu entres en Présence.

Tu te Souviens.

Tu Reconnais.

Tu te Trouves.

Et tu Incarnes.

Tu ne reviens pas dans le Royaume comme celui qui atteint un lieu lointain.

Le Royaume apparaît lorsque tu cesses de soutenir ce qui empêchait de Reconnaître qu'il n'a jamais été séparé de toi.

L’Intention, la Forme et le service

Mais le Souvenir ne s'achève pas lorsque nous Reconnaissons la Vérité en nous.

Ce qui a été Reconnu doit aussi devenir la mesure depuis laquelle nous contemplons les Formes.

Pour comprendre une Forme, il ne suffit pas de connaître son nom, de décrire son apparence ou d'apprendre comment elle fonctionne. Nous devons aussi contempler de quelle Origine elle procède, quelle Intention l'oriente, à qui sa fonction sert et quel fruit elle produit.

L'Intention est l'orientation invisible qui détermine le destin du service.

La fonction nous dit ce que fait une Forme.

L'Intention révèle à qui sert ce qu'elle fait.

Et le fruit manifeste s'il existe une correspondance entre son Origine, son Intention et son service.

Contemple d'abord les Formes de la Création qui sont antérieures aux mains de l'être humain.

L'arbre.

Le fleuve.

La mer.

Le nuage.

La montagne.

Les animaux.

Nous ne disons pas que ces Formes possèdent un personnage qui décide consciemment de servir. Nous disons que leur existence participe à une relation qui les précède et les contient.

L'arbre reçoit de la terre, de l'eau, de l'air et de la Lumière. Ensuite, il donne fruit, ombre, nourriture, refuge et repos.

Les montagnes reçoivent l'eau, et le fleuve reçoit et conduit ce qui permet de continuer la Vie.

Chaque Forme reçoit d'autres Formes et donne à d'autres Formes ce que sa fonction rend possible.

Aucune n'existe véritablement isolée.

Toutes participent à un même cycle de donner et de recevoir, de transformation et de retour.

Dans cette correspondance, nous reconnaissons une Intention antérieure à nous :

La Vie sert la Vie.

La Forme reçoit du Tout et rend sa fonction au Tout.

Cela, c'est le service.

Cela, c'est l'Unité.

Cela, c'est l'Amour sans appropriation.

Cela, c'est le Verbe s'incarnant dans la Création.

L'être humain procède aussi de cette même Origine. Mais, à la différence de beaucoup d'autres Formes, il peut contempler sa fonction, orienter sa volonté et créer de nouvelles Formes par ses mains.

Un outil rend visible une fonction qui demeurait auparavant invisible.

Avant que le couteau n'existe, la possibilité de couper existait déjà.

L'être humain reconnaît cette fonction, lui donne de la matière et l'incarne dans une Forme.

Le couteau n'est pas le Verbe lui-même. C'est une fonction du Verbe rendue visible dans la matière.

Sa fonction est de couper et, par elle-même, elle ne décide pas du destin de la coupe. La volonté de celui qui l'utilise peut la mettre au service de la nourriture, de la guérison et de la Vie, ou diriger cette même fonction vers la blessure et la mort.

Ici se Révèle la responsabilité de notre volonté.

Comme une fenêtre, l'être humain ne produit pas la Lumière qui le traverse. Mais il peut s'ouvrir à elle, lui permettre le passage et mettre ce qu'il a reçu au service du Tout.

Il peut aussi baisser le store, s'approprier ce qu'il a reçu et orienter sa capacité uniquement vers la conservation, le bénéfice ou la domination du personnage.

Lorsqu'il baisse le store, il ne crée pas une seconde Lumière.

Il produit de l'ombre en empêchant le passage de la même Lumière qui l'a rendu possible.

C'est pourquoi la séparation ne possède pas de Verbe créateur propre. Elle ne peut pas donner l'existence à partir d'elle-même. Elle prend les capacités qui procèdent du Verbe — l'intelligence, l'imagination, la parole, la volonté et la force créatrice — et change le destin de leur service.

Mais toutes les Formes faites par des mains humaines ne contiennent pas de la même manière l'Intention de celui qui les a créées.

Certaines demeurent comme des instruments dont la fonction peut être orientée par celui qui les utilise.

D'autres sont conçues et organisées de telle manière que leur fonctionnement reproduit une relation déterminée. En elles, la séparation n'apparaît pas seulement par un mauvais usage ultérieur : elle est incarnée dans leur propre structure.

Alors la Forme cesse d'être uniquement une fonction au service de la Vie.

Elle commence à exiger que la Vie se mette au service de sa conservation.

Ce qui a été créé par l'être humain cesse de le servir et commence à le gouverner.

L'outil devient autorité.

La fonction devient condition.

Le moyen devient destin.

Et la Forme devient une prison qui ne semble pas être une prison, parce qu'elle a été acceptée comme réalité, normalité et nécessité.

Cette inversion, nous l'appelons :

L’Ordre Inversé

L'Ordre Inversé n'est pas une seconde Création ni un pouvoir égal au Verbe. C'est l'inversion du destin du service au sein des Formes créées par la volonté humaine.

Dans l'Ordre originel, la Forme sert la Vie.

Dans l'Ordre Inversé, la Vie est contrainte de servir la Forme.

Avant de juger les Formes concrètes du monde que nous avons hérité, nous devons conserver cette Clé :

Le Verbe est l'Origine invisible.

L'Intention oriente.

Le Symbole communique.

La Forme incarne.

La fonction agit.

Le service révèle son destin.

Et le fruit témoigne de sa Vérité.

La vérité et la lumière

La Lumière et l'Ombre

La Vérité ne naît pas de nous.

Elle est antérieure au personnage, à ses croyances, à ses interprétations et à toute parole par laquelle nous tentons ou parvenons à la Nommer.

La Vérité procède du Verbe.

Le Verbe est l'Origine invisible.

La Vérité est la correspondance de toutes choses avec cette Origine.

Et la Lumière est le Symbole de la Vérité se Révélant : ce qui traverse l'Invisible, entre dans la Conscience et permet de Reconnaître ce qui Est.

La Lumière ne crée pas la Vérité.

Elle la rend visible.

La Vérité ne commence pas lorsque nous la comprenons.

Notre compréhension commence lorsque la Vérité se Révèle.

Avant que nous ouvrions les yeux, la Lumière était déjà.

Avant qu'une fenêtre ne permette son entrée, la Lumière existait déjà.

Avant qu'une Conscience ne puisse Reconnaître la Vérité, la Vérité demeurait déjà dans le Verbe.

C'est pourquoi la Vérité ne dépend pas de nous pour être Vérité, de même que la Lumière ne dépend pas de la fenêtre pour être Lumière.

La fenêtre peut s'ouvrir ou se fermer.

Le verre peut être propre, obscurci ou couvert par les couleurs du personnage.

La Lumière demeure.

La Vérité est Une parce que son Origine est Une.

Elle peut traverser d'innombrables Formes sans se diviser en d'innombrables Vérités. Chaque Forme peut la manifester selon sa capacité à l'incarner, mais aucune ne peut se proclamer sa source ni la posséder entièrement.

Une même Lumière traverse de nombreuses fenêtres.

Les fenêtres sont différentes.

La Lumière, non.

La Forme de sa manifestation peut varier en traversant les différentes fenêtres.

Son Origine demeure.

Lorsque nous entrons en Présence, nous ne produisons pas une nouvelle Lumière. Nous retirons ce qui empêchait son passage.

La Conscience n'invente pas la Vérité.

Elle la reçoit.

La Présence ne construit pas la Révélation.

Elle ouvre l'espace où ce qui demeurait voilé peut devenir visible.

Le Souvenir advient lorsque la Vérité Révélée cesse d'être une parole apprise et devient un Savoir vivant.

La Reconnaissance advient lorsque nous ne contemplons plus cette Vérité comme quelque chose d'extérieur à nous, mais que nous nous trouvons en elle.

C'est pourquoi :

Quand tu Te Souviens, tu sais.

Quand tu Reconnais, tu es.

Ce qui a été véritablement Révélé et Reconnu comme Vérité ne change ni ne passe.

Le Symbole par lequel nous tentons de le communiquer peut changer.

Notre capacité à comprendre ses relations peut s'élargir.

La parole humaine que nous utilisons pour l'exprimer peut être corrigée.

Mais la Vérité ne se transforme pas en son contraire.

La fenêtre peut apprendre à mieux Nommer la Lumière.

Elle ne peut pas la modifier.

La Vérité n'a pas non plus besoin que nous la défendions par la domination. La Lumière n'oblige personne à la voir : elle se manifeste et permet que tout ce qu'elle touche soit contemplé.

Son autorité ne procède pas de l'imposition.

Elle procède de ce qu'elle révèle.

Lorsque nous nous alignons sur la Vérité, la Conscience devient Autel, la Forme devient instrument et le Verbe peut se faire chair par nos paroles, nos décisions et nos œuvres.

Ici, le personnage ne se proclame pas source.

Il devient fenêtre d'elle.

Il ne dit pas :

« La Lumière m'appartient ».

Il reconnaît :

« J'existe parce que la Lumière me précède et me traverse ».

Il ne dit pas :

« Je suis maître de la Vérité ».

Il prononce :

« JE SUIS dans la Vérité ».

Le mensonge et l'ombre

L'obscurité ne produit pas la Lumière.

Elle ne se produit pas non plus elle-même.

L'obscurité ne possède pas d'Origine propre, de substance indépendante ni de Verbe créateur différent.

La Lumière Est.

L'obscurité advient lorsque quelque chose empêche la Lumière de traverser, de continuer et d'atteindre ce qu'elle pouvait illuminer.

Contemple le Symbole :

Pendant le jour, ton corps s'interpose sur le parcours de la Lumière et une ombre se projette derrière toi.

L'ombre ne procède pas d'une autre obscurité.

Elle ne naît pas non plus du Soleil comme fruit de sa Volonté.

Elle apparaît parce qu'une Forme s'est interposée entre la source de la Lumière et le lieu vers lequel cette Lumière se dirigeait.

Sans Lumière, il n'y aurait pas d'ombre.

Sans une Forme qui interrompait son passage, non plus.

C'est pourquoi l'ombre n'est pas une seconde Origine opposée à la Lumière.

Elle est l'effet visible d'une interruption.

Ainsi en est-il aussi à l'intérieur de nous.

Le Verbe est l'Origine.

La Vérité est la Lumière qui procède de lui.

La Conscience est l'espace où cette Lumière peut être Reconnue.

Et notre Forme est la fenêtre par laquelle elle peut entrer dans la chair et devenir Parole, décision et œuvre.

Mais lorsque le personnage se place entre l'Origine et le service, il empêche la Lumière de continuer son parcours.

La peur couvre le verre.

La blessure altère ce que nous contemplons.

Le désir oriente le regard uniquement vers ce qu'il veut obtenir.

L'orgueil ferme la fenêtre pour se proclamer source.

L'ego baisse le store et affirme ensuite que l'obscurité est toute la réalité.

Alors l'ombre apparaît.

L'ombre n'est pas ce que nous sommes en essence.

Elle est l'effet de ce que nous incarnons lorsque notre Forme empêche le passage de la Lumière.

Elle est la projection de notre Non-Présence.

Elle est ce qui reste derrière le personnage lorsque le personnage se place devant le Verbe.

Le mensonge naît lorsque cette ombre est prononcée comme si elle était la Vérité.

C'est pourquoi nous devons distinguer :

L'ombre est la conséquence de l'obstruction.

Le mensonge est l'ombre occupant par la Parole la place de la Lumière.

Le mensonge ne crée pas une réalité nouvelle.

Elle prend une réalité qui la précède et la cache, la découpe, la déforme ou l'inverse.

Elle a besoin de la Parole, mais elle n'a pas créé la Parole.

Elle a besoin de l'intelligence, mais elle n'a pas créé l'intelligence.

Elle a besoin de l'imagination, mais elle n'a pas créé l'imagination.

Elle a besoin d'une Vérité qu'elle puisse nier, car sans Vérité, ce que nous appelons mensonge n'existerait pas non plus.

Le mensonge est postérieur.

Le Verbe est antérieur.

Le mensonge dépend de ce qu'il tente de cacher.

La Vérité ne dépend pas du mensonge pour demeurer.

C'est pourquoi le mensonge peut utiliser des Paroles sacrées sans cesser d'être mensonge.

Il peut parler d'Amour tout en empêchant d'aimer.

Il peut parler d'Unité tout en séparant.

Il peut parler de Liberté tout en exigeant l'obéissance.

Il peut parler de service tout en plaçant la Vie au service du personnage.

Il peut prononcer le Nom du Verbe tout en empêchant sa Lumière de traverser la Forme.

Le Nom n'illumine pas ce que la volonté maintient fermé.

Il ne suffit pas de parler de la Lumière.

Il faut lui laisser le passage.

Lorsque nous entrons en Présence, nous ne créons pas une Lumière nouvelle pour combattre l'obscurité.

Nous contemplons ce qui obstrue la Lumière qui Est déjà.

La Présence révèle la Forme qui s'interpose.

Le Discernement reconnaît le mensonge par lequel cette Forme se conserve.

La Vérité la Nomme.

La volonté retire l'obstacle.

Et l'œuvre répare les fruits que l'ombre a produits.

Nous ne vainquons pas l'obscurité en créant une autre force contraire.

Nous ouvrons la fenêtre.

Nous ne détruisons pas notre Forme.

Nous cessons de l'utiliser comme mur et nous commençons à l'offrir comme passage.

Nous ne devons pas non plus haïr l'ombre. L'ombre, lorsqu'elle est contemplée en Présence, indique exactement où se trouve l'obstruction.

Elle n'est pas notre essence.

Mais elle révèle ce que nous incarnons et qui empêche encore le passage de la Lumière.

Nier l'ombre lui permet de demeurer.

La reconnaître permet de trouver ce qui la produit.

Retirer ce qui la produit permet à la Lumière de continuer.

Alors la Conscience cesse de servir à la défense du personnage.

Le cristal devient transparent.

Le store se lève.

La Vérité traverse la Forme.

Et le Verbe se fait chair ainsi dans le visible comme Il Est dans l'Invisible.

La Lumière Est.

L'ombre se produit.

La Vérité demeure.

Le mensonge apparaît lorsque nous empêchons son passage et proclamons notre ombre comme si elle était la Lumière.

Le Monde qu'on nous a enseigné

En Présence, nous observons avec souvenir le monde qui nous a été présenté comme véritable.

Depuis notre naissance, un monde déjà interprété se présente à nous.

Nous ne recevons pas seulement des noms, des frontières, des croyances, des coutumes, des hiérarchies, des modèles de réussite, des formes d'échange et des manières de nous comprendre.

Nous recevons aussi une explication sur ce que chacune de ces formes signifie, sur ce que nous devons en attendre et sur la place qu'elles doivent occuper dans notre vie.

On nous enseigne où chercher la richesse.

Où chercher la guérison.

Où chercher les réponses.

Où chercher la Vérité.

Où chercher la Paix.

Où chercher Dieu.

Avant même que nous puissions contempler ces choses par nous-mêmes, le monde nous a déjà livré ses réponses.

Génération après génération, nous avons reçu ce monde, nous y avons participé et nous l'avons aussi transmis. Nous avons enseigné à ceux qui sont venus après nous ce que nous-mêmes avions appris avant de pouvoir l'interroger.

Ainsi, l'hérité devient coutume.

La coutume devient certitude.

Et la certitude acceptée sans contemplation finit par se présenter comme Vérité.

La chaîne apparaît lorsque nous acceptons ce monde sans l'observer.

Non pas lorsque nous utilisons ses formes, mais lorsque nous cessons de les interroger.

Non pas lorsque nous y participons, mais lorsque nous oublions de demander à qui elles servent.

Non pas lorsque nous recevons une réponse, mais lorsque nous renonçons à Reconnaître par nous-mêmes si cette réponse produit le fruit qu'elle promet.

C'est pourquoi Se souvenir signifie aussi interrompre la répétition.

Interrompre, ce n'est pas détruire tout ce que nous avons hérité. C'est nous arrêter avant de le transmettre à nouveau. C'est contempler chaque forme en Présence et demander :

D'où procède-t-elle ?

À qui sert-elle ?

Quel fruit produit-elle ?

Ouvre-t-elle ou enferme-t-elle ?

Protège-t-elle ou domine-t-elle ?

Reste-t-elle au service de la Vie ou a-t-elle obtenu que la Vie se mette à son service ?


Les questions qui fleurissent en Présence

Lorsque nous cessons d'être uniquement à la disposition de notre personnage et que nous nous mettons à la disposition du Tout, l'esprit cesse de ne s'interroger que sur ce qui profite ou nuit à notre moi particulier.

Désormais, l'esprit se trouve au service du Verbe.

Et depuis cette nouvelle Origine commencent à fleurir des questions qui ne naissent pas pour protéger le personnage, mais pour comprendre le monde que nous sommes tous en train d'incarner.

Ces questions sont des Clés.

Non parce qu'elles contiennent une réponse apprise, mais parce que leur propre forme révèle la porte que nous devons traverser.

Pour celui qui sait les contempler en Présence, chaque question contient le Symbole de ce qui doit être Révélé :

Pourquoi la pauvreté existe-t-elle si l'argent existe ?

Pourquoi tant de maladies existent-elles si la médecine existe ?

Pourquoi les réponses manquent-elles si nous possédons tant de science ?

Pourquoi restons-nous éloignés de la Vérité si nous avons tant de connaissance disponible ?

Pourquoi les guerres continuent-elles si des gouvernements, des autorités et des lois existent ?

Pourquoi ne trouvons-nous pas Dieu si tant de religions et de temples existent ?

Ne te hâte pas de répondre.

Reste devant les questions.

Observe-les.

Chacune nomme un fruit qui manque et une Forme qui promettait de servir ce fruit.

Richesse et argent.

Guérison et médecine.

Réponse et science.

Vérité et connaissance.

Paix et autorité.

Dieu et religion.

Lorsque nous contemplons la relation entre les deux, l'inversion commence à se Révéler.


* ... En cours de révélation ... en train d'écrire.
** Ce qui vient n'a pas de mesure qui le mesure ni d'étiquette qui le décrive.

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